L’ÉVENTAIL DE LADY WINDERMERE

l'eventail
L’Opéra-Théâtre est l’un des rares lieux à Avignon, avec le Chêne Noir, qui peut se permettre de cueillir les plus grands spectacles parisiens pour les apporter aux provinciaux prvilégiés. L’Eventail de Lady Windermere, assurément, fait partie de ceux-là : jouée près de 300 fois dans différents théâtres de la capitale, nommée 5 fois aux Molières 2007, cette pièce est venue achever sa tournée à Avignon, offrant sa “dernière” (hélas) ce soir-là même, comme on l’apprendra à la fin de la représentation. Wilde est un de ces auteurs que j’aime et que j’admire, maîtrisant idées et mots avec génie. On vient voir Geneviève Casile, sans nul doute, mais étrangement, je ne suis pas sorti du théâtre en me contentant de dire “je suis allé voir Geneviève Casile”, tant la distribution entière est sans faille et de grand talent face à un monstre sacré majestueux et d’une telle envergure.
Cette pièce “so charming” n’est que pur plaisir !  Plaisir des oreilles, grâce aux traits d’esprit finement irrésistibles de Wilde qui font toujours mouche en provoquant le rire, et qui justifient le statut de “comédie” de cette pièce dont l’intrigue tend plutôt vers le suspense et l’émotion. L’histoire qui dépeint les moeurs de la haute aristocratie londonienne est très intéressante et l’intrigue est complexe, riche, passionnante : Lord et Lady Windermere vivent une vie mondaine bien réglée à Londres lorsqu’apparaît dans leur vie une certaine Mrs Erlynne. Femme de mauvaise réputation, elle se met en contact avec Lord Windermere à qui elle révèle qu’elle n’est autre que la mère de Lady Windermere… C’est le début de nombreuses péripéties trépidantes auxquelles on assite avec ravissement. Plaisir des yeux, bien sûr, et notamment grâce à de somptueux costumes, d’une beauté et d’une qualité rares. Et puis Geneviève Casile, qui se fait désirer, mais quelle entrée !  Sans une ride (C’est vrai au sens propre aussi d’ailleurs…), elle est tout simplement magistrale et resplendissante, et atteint la justesse du sentiment aussi bien dans l’humour que dans l’émotion.
Je vous parlais du reste de la distribution, et en effet, il faut incontestablement en parler, tant le talent et même le physique de chacun réussissent à créer des personnages auxquels on croit immédiatement, touchants et justes, jamais en faiblesse. Mention spéciale aux deux plus petits rôles (encore que, comme dirait quelqu’un que je connais bien, il n’y a pas de petits rôles mais seulement de petits acteurs), pour mémoire, Frédéric Imberty (le majordome Parker) et Aude Sabin (lady Agatha), qui sont à mourir de rire dans des personnages qu’ils servent génialement. La mise en scène pleine de grâce de Sébastien Azzopardi et l’immense talent de tous les comédiens contribuent à créer une soirée délicieuse pendant laquelle on ne voit pas le temps passer. Du théâtre de cette qualité, on en redemande !
Published in: on 15 août 2009 at 22:01  Laisser un commentaire  
Tags: , ,
Suivre

Get every new post delivered to your Inbox.