L’élégance du hérisson

de Muriel Barbery

“Je m’appelle Renée, j’ai 54 ans et je suis la concierge du 7 rue de Grenelle, un immeuble bourgeois. Je suis veuve, petite, laide, grassouillette,j’ai des oignons aux pieds et, à en croire certains matins auto-incommodants, une haleine de mammouth. Mais surtout, je suis si conforme à l’image que l’on se fait des concierges qu’il ne viendrait à l’idée de personne que je suis plus lettrée que tous ces riches suffisants.”

“Je m’appelle Paloma,j’ai douze ans, j’habite au 7 rue de Grenelle dans un appartement de riches. Mais depuis très longtemps, je sais que la destination finale, c’est le bocal à poissons, la vacuité et l’ineptie de l’existence adulte. Comment est-ce que je le sais ? Il se trouve que je suis très intelligente. Exceptionnellement intelligente, même. C’est pour ça que j’ai pris ma décision : à la fin de cette année scolaire, le jour de mes treize ans, je me suiciderai.”

La revue de presse

L’express : Jérôme Dupuis ( 31 Janvier 2008 )
Hérisson ou Prozac ? A première vue, la question pourrait paraître quelque peu incongrue. Mais elle le devient beaucoup moins si l’on sait qu’un cabinet de psychothérapeutes parisiens prescrit depuis quelques mois à ses patients la lecture de L’ Elégance du hérisson (.. .). ‘Ce livre est une véritable boîte à outils où chacun va puiser pour régler ses problèmes.’


Témoignage chrétien : Luc Chatel ( 31 Août 2006 )
Ce roman est aussi engagé et révolté qu’il est divertissant et drôle. Au fil des dialogues et des descriptions se dessine une vive critique du pouvoir et de ses apparences. Qu’il soit politique ou intellectuel.

Publié dans: on 24 août 2008 at 15:15 Laisser un commentaire
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La chaussure sur le toit

de Vincent Delecroix

“Il y a foule dans ce roman, mais il est en réalité question d’un seul personnage, une chaussure qui, comme le titre l’indique, a la particularité de se trouver sur un toit face à mon appartement. Ni le vent, ni la pluie, ni quoi que ce soit d’autre, depuis tout le temps que je me trouve ici, n’a réussi à la déloger. Je ne suis absolument pour rien dans le fait qu’elle se trouve là. Le problème est alors le suivant : qu’est-ce qu’une chaussure peut bien faire dans un endroit pareil ? Et qu’est-ce que cela signifie ? Les divers témoignages que je livre ici ne paraissent pas tous concordants, mais on verra qu’il y a en définitive une explication.”

La revue de presse

Livres Hebdo : Jean-Maurice De Montremy (22 Juin 2007)
Elégant et synthétique, jouant des formules sans jamais en abuser, Vincent Delecroix confirme ses qualités d’écrivain, prenant le temps de la poésie, voire de la rêverie, sans esprit de système.

Le Nouvel Observateur : Dominique Fernandez (23 Août 2007)
Ces pages sentent le conte de fées, l’école buissonnière, le jeu de société. Il y a du Giraudoux dans la nonchalance et la souplesse de ce style qui mêle les registres, accumule les surprises. La chaussure reste coincée sur le toit mais pas cette prose ailée, bondissante.

Publié dans: on at 15:06 Laisser un commentaire
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CET ENFANT

Texte et mise en scène de Joël Pommerat
Vu le 17 mars 2008 au théâtre de Cavaillon


Cruellement fascinant

Pommerat tire son oeuvre des mots des autres, des inconnus, pour les faire siens, et les transcender par son talent.

Dans ce spectacle tout est parfait. On ne peut dire plus. Dans le dépouillement le plus complet, une tension inimaginable se crée, dans des situations presque insupportables selon les scènes. Les acteurs, merveilleusement habités, sont d’une justesse à couper le souffle.

La précision de l’utilisation des lumières comme créatrices autant d’espace que de sens nous laisse, elle aussi, admiratifs. La musique, les effets sonores… tout contribue à créer une ambiance qui ne peux laisser indemne.

Sur cette espace vierge, cette page qui veut paraître blanche mais qui est déjà noircie, le verbe est projeté. Acéré, il s’enfonce en nous, nous taille à vif, là où ça fait mal, dans notre intimité, notre propre histoire. Car chacun se reconnaît. Cette pièce a bouleversé l’ado que je suis, mais ne pourra que toucher chaque être humain dont le coeur est encore de chair, car ces mots nous parlent à nous, directement, dans notre humanité. Faible et tragique humanité. Perverse et grandiose humanité.

Les musiciens sont là pour nous redonner de l’oxygène entre les scènes que le talent des comédiens rendait plus que dérangeantes, irrespirables, insoutenables. Tout est là pour nous déstabiliser, nous chambouler au profond de notre conscience. Les mots de Pommerat et la justesse sublime de sa mise en scène nous touchent en plein coeur. C’est une expérience autant douloureuse qu’euphorisante, autant effrayante qu’exutoire. On en ressort fascinés et bouleversés.